CAP. VI - De la folie
9 juillet, 2008
Ségolène Royal est-elle folle ? Telle est la question que de nombreux français doivent se poser. Après tout, dans cette France de Sarkozy, il faut être fou pour affirmer vouloir gouverner sans les puissances de l’argent, il faut être fou pour oser critiquer le pouvoir et la pensée unique, il faut être fou pour se tenir ainsi devant un dictateur.
Le climat de paranoïa qui règne au sein de l’entourage de Ségolène Royal lui est bien réel ; après tout, que l’on trouve le moyen de mettre à sac votre résidence, surveillée par ces mêmes R.G. sous les mêmes ordres de ce Sarkozy alors même qu’il n’était pas encore au faîte du pouvoir – on n’ose imaginer alors ce qu’il en est maintenant – on doit s’étonner que l’enquête piétine.
La véritable folie, c’est de croire que les petites mascarades et les mensonges berneront tous les français. La masse crédule marche assez bien à cette sorte de démagogie dont participe la fameuse « union sacrée » de l’Etat français pour une politicienne colombienne. Il faut croire que Jack Lang fait lui-même parti intégrante des masses crédules et qu’il prendra prochainement sa carte à l’UMP (sans aucun doute le seul parti autorisé).
Depuis plus d’un an la France est dirigée par un homme sordide aux idées obscures, un homme qui se montre proche des puissances de l’argent, des hommes adorateurs de la guerre tels que Bush, des amitiés particulières avec ce qu’il y’a de moins honorables comme serviteur de l’Etat allié avec une conception douteuse de l’Etat français et de la laïcité.
Un homme ainsi fait est un fou. Pire qu’un fou un traître. Et c’est peut-être folie que de demander sous sa dictature sa démission immédiate à la présidence de la Nation.
Parce que traiter Ségolène Royal de folle, c’est encore ce qu’il y’a de mieux à faire pour dissimuler les carences de ce gouvernement avec trop de corps et une seule tête.
Son bilan qui ne se passe que sur des mesurettes, son manque d’audace face aux crises qui touche l’économie, ses déconvenues tant au plan de ses relations à l’étranger qui se déroulent à l’égard de tout les pays – la Libye, Israël, l’Iran, la Russie et récemment encore le Japon – et ses très célèbres extravagances indignes de l’héritage de De Gaulle.
L’inversion des rôles, c’est sans doute la méthode favorite de cet homme, car celui que tout le monde reconnaît pour un sociopathe colérique et exigeant, c’est bien le même qui est à la tête de l’Etat. Les français encore conscient se rendent bien compte où se trouve la folie ; des stylos à 1.000 euros l’unité au ministère de la Justice, un cuisinier trois étoiles à Matignon et une hausse des prix spectaculaire à l’Elysée : on n’a plus vu une telle débauche depuis Caligula. la Messaline du XXIe siècle prévoit même de déplacer le centre du pouvoir à Saint-Cyr, en face de la tour Eiffel ; le champs de Mars sera aussi réquisitionné ?
On se plaignait que Caligula aurait voulu nommer sénateur son cheval. Sarkozy a bien nommé Koucher aux Affaires étrangères et Rachida Dati à la Justice. C’est un bon début.
Je ne suis pas spécialement pour Ségolène Royal, et franchement, si c’était elle la présidente à cet instant, elle ne fera pas mieux que Sarkozy, mais elle le fera avec plus de retenue (la même que pour la fameuse justice chinoise), et ne compromettra pas l’Etat avec les puissances de l’argent dénoncées bien avant cette citation de Mitterrand par Royal. Non, elle n’aurait pas fait mieux, mais avec certainement moins de folies, plus de dignité : une dernière notion qui manque à l’actuel président.
Reconnaissons que de tout les politiciens français actuel, Ségolène Royal, même si elle n’est pas à elle seule la panacée de la République, à le mérite de désigner la dictature là où personne n’a assez d’assurance pour la remarquer. Faisons lui l’éloge de cette folie.
CAP. V – D’Ingrid Betancourt et des libertés.
4 juillet, 2008
On en viendrait à regretter sa libération tant sa médiatisation est ridicule. Nous y voyons d’ailleurs toute la splendeur de la crétinerie dans la très fallacieuse édition spéciale de TF1. C’est vrai qu’il ne faut pas regarder cette chaîne à la botte du pouvoir, mais nous ne pouvons mesurer à quelle point la masse crédule qu’en regardant le moyen par laquelle la démocratie est rendue caduque par le pouvoir démagogique du plus puissant des médias.
J’ai aussi beaucoup aimé la métaphore du bocal fermé déclamée par un des spécialistes de la politique française. Des métaphores dont seuls les gens de la droite stupide et décomplexée ont le secret ; Nicolas Sarkozy est ainsi un gros bras, qui bien qu’il n’ait rien fait, à tout même reçu dans ses mains le bocal de cornichons (comprendre l’affaire Betancourt) et qu’il a contribué de sa modeste personne en essayant d’ouvrir ledit bocal.
La bêtise de cette métaphore est aussi grande que la soumission des médias ; une petite courge n’a jamais réussi à faire sortir son cornichon.
Autre chose encore plus ridicule, ce sont tout ces groupes de soutien. Noble et juste cause que de défendre la veuve et l’orphelin. Mais est-ce vraiment utile de mobiliser la compassion de toute la France pour une personnalité politique étrangère, dont la santé n’était pas en danger. Elle recevait au moins un repas par jour la colombienne. On ne pourrait pas en dire autant d’un milliard de personne qui n’émeuvent pas tant.
Encore plus stupide, c’est qu’il semblerait que ces groupes de soutien travaillent à agrandir la gloriole de Nicolas Sarkozy. Mais attention, je ne dis pas que ces groupes de soutien inutiles proviennent des œuvres de Sarkozy, mais tout simplement que celui-ci a eu la bonne idée de les récupérer afin de s’afficher comme le grand libérateur qu’il est aujourd’hui.
Une seule personnalité a osée dénoncer cette pensée unique : Ségolène Royal. Mal lui en pris ; on la taxe déjà de mesquine et de je ne sais quel autre insulte car elle est la seule a penser – en France – que Nicolas Sarkozy s’attribue des lauriers immérités.
Elle a bien raison, car après tout, il en a bien besoin : l’Europe va très mal et il commence déjà sa présidence européenne comme il a commencé la présidence française.
Mais qu’il ne se brûle pas les ailes comme avec le miracle des infirmières libyennes (qui en ont pris la nationalité en avait plaisanté les diplomates bulgares). Des voix vont bientôt s’élever contre la fourberie du fourbe, à commencer sans doute par Betancourt elle-même.
Après tout, c’est une gauchiste, d’une famille de gauchiste, et amie de Villepin. Quand elle prendra toute la mesure de qui est Nicolas Sarkozy, il y’a fort à parier qu’elle le traitera comme elle a traité Uribe, qui n’est après tout qu’un Sarkozy colombien, lui-même étant un Bush français.
Elle a bien remerciée l’armée colombienne, et non pas son président. Elle fera de même pour la France. Elle a d’ailleurs commencée dès hier soir où elle préféra citer les noms de Chirac et de Villepin. Voilà qui explique sans doute les cris d’orfraie de Royal, et que l’on se moque d’un avis assez éclairé.
Et le plus drôle, les dignitaires français se trouvant avec Ségolène Royal à Québec pour les quatre cents ans de la ville dont Jean-Pierre Raffarin, vont tour à tour planter un couteau dans le dos de la présidente du Poitou-Charentes.
Jean-Pierre Raffarin, le premier d’entre eux, va s’attaquer à Ségolène Royal sur un terrain qu’il ne comprend pas, en voyant des fautes et en rétorquant qu’elle est une femme politique de second plan.
Je sais que les ânes bâtés sont habitués à subir la pluie de longues heures durant – car les fameux dignitaires n’avaient rien pour se protéger –, alors pourquoi critiquer la madone du Poitou se soit éclipsée pour donner son avis sur l’actualité ? D’autant plus que les québécois n’ont pas remarqués une absence ou une présence de telles personnalités politiques, on se demande pourquoi Raffarin soutient que son absence « a été remarquée et a déçu les Québécois » alors que ceux-ci se plaignaient du manque de proximité entre eux et les dignitaires. Bien grand lui a fait alors de ne pas assister à la cérémonie officielle pour dénoncer la manipulation dont fait preuve le Président de la République.
Amusant aussi de savoir que selon les dires de Raffarin, il ne faut pas critiquer le Président de la République dans une terre extérieure à la France. Or, il me semblait que Raffarin, alors président du comité d’organisation du quatrième centenaire de la ville de Québec, ne devait pas ignorer les propos de son successeur au poste de Premier ministre disant que le Québec, c’est aussi la France (dans une même Nation). Raffarin avouerait-il ainsi que le Québec est une terre complètement étrangère à la France ?
Les propos décousus de François Fillon sont encore plus sidérants ; le matin il parlait d’une nation française unique, indivisible dans le temps et l’espace comprenant le Québec dans sa culture ininterrompue. Alors pourquoi quand il parle d’une nation française et de deux pays « français » – de la France et le Québec – faut-il qu’il s’excuse auprès des fédéralistes d’avoir utilisé le mot pays au lieu de nation en parlant du Québec.
Ainsi, nous sommes passés d’une unique nation française à deux nations françaises, dont le Québec serait sans pays. Pratique.
Alors pourquoi le Premier ministre critique t-il Ségolène Royal sur ces propos en la traitant de « petite fille dans une cour d’école » ? Alors Fillon est bien le dernier de la classe, laissant tout juste le bonnet d’âne à Raffarin pour avoir dit « un pays est un endroit où il y a des paysans », qui outre la bancale analyse étymologique démontre qu’il ne voyait que dans ce pays québécois qu’un territoire diffus peuplé de pécores afin de ne pas fâcher les technocrates de d’Ottawa (à mettre en rapport avec ceux de Bruxelles, après tout, la France aussi est un pays, peuplé de paysans éleveurs de subventions).
Il a aussi dit qu’elle faisait preuve « d’un manque de dignité » ; ses propos décousus et contradictoires qu’il a fait preuve aux uns et aux autres alors ne sont pas digne d’un Premier ministre.
Cette affaire Betancourt est d’ailleurs étrange ; une opération consistant à se faire passer pour le haut commandement des FARC, des soldats colombiens sans armes et d’affreuses rumeurs de remises de rançons de la part de la France. Il est évident que la date de prise de la présidence européenne ne soit pas étrangère à la libération des otages, et ces prochaines semaines risque de bruire de nombreuses rumeurs.
Mais la question qui se pose désormais est : combien nous coûte la libération d’Ingrid Betancourt ? Et je ne parle pas en terme d’argent, mais celle d’une certaine liberté, une sorte de liberté dont Ségolène Royal mesure déjà les nouvelles limites.
CAP. IV – Des Marches Himalayennes, du maoïsme
19 avril, 2008
Cela est passé presque inaperçu dans nos médias occidentaux, mais un nouveau pays est prêt à passer dans le camp des maoïstes.
Ce pays était il y’a peu une monarchie, d’une de ces monarchies orientales décadentes avec son lot de massacre. Un pays où le servage était encore une règle, étroitement associé avec la religion.
C’est un pays que certains trouvent magique, un pays de montagnes et de plateaux, le pays des hippies de Katmandou et des explorateurs de l’inutile dont le poids des lourds bagages étaient atténués par des sherpas : le Népal.
Magnifique pays qu’est le Népal pour l’occidental moyen. Mais cette vision toute occidentale est tellement éloignée d’une réalité qui s’insère pourtant dans une vision globale.
Cette vision globale comprend toute la politique et la diplomatie des pays des marches himalayennes dont une région attire tous les regards.
Il s’agira de faire comprendre à l’occidental moyen, ce qui constituera sans doute un trop grand effort de compréhension pour lui, comment un pays voisin du Tibet s’apprête à adopter l’idéologie toute chinoise du maoïsme.
Le Népal, coincé entre puissance chinoise et puissance indienne, est fortement marqué par l’influence chinoise et rappel à quel point cette région, avec le Tibet, furent, et sont même encore, de fervent partisans de la Chine communiste.
Et bien sûr, plus qu’avec la Chine, c’est avec le Tibet que les liens sont encore plus étroits. Pourtant, à voir comment les policiers népalais traitent avec les exilés tibétains, il n’y a pas à hésiter de savoir si c’est entre la Chine ou le Tibet que le cœur balance.
Il est donc amusant de voir l’Occident s’émouvoir des Droits de l’Homme en Chine, et plus encore de réclamer un Tibet libre, quand on assiste au spectacle qui se déroule au Népal.
La victoire des maoïstes aux élections népalaise démontre par là l’exagération médiatique faîte autour du Tibet.
On se demande même pourquoi faire autant de raffut pour les Jeux Olympiques de Pékin, plus encore pour une mobilisation spontanée quelques mois avant ce que l’on pourrait appeler le Calvaire de la Flamme.
Je ne tiens pas à faire l’apologie du régime chinois qui n’a de communiste que le nom, mais je ne vais pas non plus défendre des droits de l’hommiste du dimanche qui se sont réveillés un matin avec une conscience nouvelle.
Cette situation au Tibet dure depuis l’abattement du régime impérial en Chine et avec l’avènement de Mao. Avant Mao, c’était la théocratie et la féodalité au Tibet, cela fut considéré comme une avancée considérable dans le temps.
Il est d’ailleurs amusant de voir combien de soixante-huitards qui se disaient maoïstes ou sympathisants, tel Daniel Cohn-Bendit, qui aujourd’hui vont décrier ce qu’ils adulaient.
Mai 68 a beaucoup à voir cette dichotomie spécifiquement française (le maoïsme, à par en Chine, n’a jamais eu autant de succès en Occident qu’en France). L’étudiant de 1968 rêvassait d’un monde égalitaire régit par le Grand Timonier ; en 2008 l’étudiant typique à son T-shirt « Free Tibet ».
C’est aussi courageux que les sportifs français et leur badge « Pour un monde meilleur ».
Le point de vue de la Chine est toutefois important et commence à être entendu. Après tout, le gouvernement chinois dirige plus d’un milliard et quelques trois cents millions d’habitants, ce n’est pas si aisé, surtout quand on essaye de passer d’un système communiste à un capitalisme d’état. Ce gouvernement n’est peut être pas légitime, mais il vaut mieux ça qu’une guerre civile comme on pourrait en voir en Irak. Les nations n’ont pas l’habitude de faire la paix par elles-mêmes.
La Chine, ses élites et ses autorités surtout, sont conscientes que cette masse fait peur dans le monde et pèse tant économique, politiquement et surtout militairement. Mais de l’intérieur, le pays n’a qu’une peur : être rongé par son propre poids, par sa démesure.
L’armée chinoise pourrait certes être la plus puissante du monde, elle fait peur surtout à tout ses voisins : Taiwan, Japon, mais surtout aux Etats-Unis.
Malgré sa puissance, une armée pareille succombera surtout par son poids. L’armée des Achéménides avec son million d’hommes fut bien battue par quelques grecs en guenilles.
Economiquement, c’est la plus grande puissance, mais c’est aussi un milliard de pauvres et seulement trois cents millions de consommateurs. La Chine est un géant aux pieds d’argile, une partition du territoire serait une marque de faiblesse qui signerait l’arrêt de mort de ce pays.
Montrer une puissance apparente permet de cacher de multiples déficiences : seule une autorité forte permet de maintenir le pays parmis les plus grandes puissances, et plus encore, d’être la nation qui pèsera le plus.
C’est pour ça que je ne vois pas très bien quel est le réel but des manifestants contre les Jeux Olympiques : est-ce un effet de masse complètement stupide ou une manœuvre pour déstabiliser la Chine ?
Après tout, la Chine mérite les Jeux. Les Jeux sont avant tout une vitrine politique et économique (quoiqu’en disent les sportifs, ces gens ont la tête creuse de toute façon, leur réaction face au boycott en est un exemple). Il n’y a pas d’autres pays que la Chine qui méritent cette Exposition : construire des complexes, aménager et moderniser la capitale sera au contraire un plus pour l’apport durable de la paix, et donc vers plus de droits.
Ce qu’il faut condamner, du moins en France, c’est la position de guignol du gouvernement. Soit le président prend ses responsabilités et donne une position ferme pour ou contre le boycott, soit il laisse le très compétent Bernard Kouche-toi là.
Il est d’ailleurs étonnant que pour un homme qui déclare pratiquement la guerre à l’Iran, partisan de l’ingérence politique en faveur des peuples opprimés se soit exprimée contre le boycott.
Au final, le gouvernement français a dit tout et rien, mais surtout n’importe quoi : on ne s’oppose pas d’une part à la théocratie en Iran pour vouloir imposer la théocratie à la Chine comme l’a si bien répété le sénateur Jean-Luc Mélenchon.
Si la France et l’Europe souhaitent faire amende honorable face à la Chine, qu’elles cessent de fricoter avec le Dalaï Lama, souverain pontife d’un autre temps et que l’on parle plus de ce qui se passe actuellement au Népal que l’occupation médiatique de Reporter sans Frontières (mais pas sans magouilles).
Les autorités chinoises en fait ne haïssent pas la France, mais s’inquiètent du tour que prennent les évènements, et ces insultes ne sont pas faîtes seulement au gouvernement chinois, mais à la Chine toute entière.
CAP. III - De la Courtisane
30 mars, 2008
La visite du président de la République Française Nicolas Sarkozy et de son épouse est considérée en France comme une réussite, provoquant l’engouement du peuple britannique face à un nouveau couple Kennedy. Soit.
Je resterais toutefois sceptique face aux médias français qui encensent la copulation présidentielle de façon un peu trop hâtive.
Voir madame Carla Bruni-Sarkozy habillée – non, grimée, déguisée, travestie – en Jacky Kennedy/Lady Diana/Grâce de Monaco (rayer la mention inutile) démontre une véritable faute de goût dont souffrit sans aucun doute la reine du Royaume-Uni.
Laissons là les médias français qui ne subissent aucun type de pression politico-financière pour nous tourner vers des médias anglais. Médias anglais qui se sont déjà gaussés de la venue du « french president bling bling » Nicolas Sarkozy en publiant à la une de tous les journaux l’image de la nudité de sa tendre épouse. Tendre épouse qui a déjà besognée durement en Angleterre (Mick Jagger a déjà fait les frais de la hyène).
Le Daily Mail se gausse de la hyène en chaleur que constitue la première dame de France. On ne manque pas de remarquer sa très grande élégance : trois ensemble Dior en une journée. Son élégance toute française est toutefois grandement ternie par son image indélébile de femme fatale, passant d’un lit à l’autre, et on ne manque pas de l’accuser de faire son propre cinéma. Effectivement, se déguiser de la sorte n’est pas bien intelligent, surtout avec de telles casseroles. On souligne bien les poses de mode qu’elle prend lorsque son époux monte à la tribune pour un discours mirobolant. Les poses, parfaitement étudiées pour toujours paraître à son avantage dans la presse people (ou politique, mais on ne fait plus réellement de différence).
Alors comment peut-on oser amener une femme de si peu de vertu devant Sa Majesté la reine Elisabeth, qui règne sur plus de cent millions de sujet à travers le monde, chef de l’Eglise Anglicane et autres titres mirobolants que ne pourrait jamais en rêver un nobliau hongrois chassé par des paysans communistes ?
Après tout, il a bien amené Bigard devant le Pape, alors pourquoi pas une courtisane devant la Reine ?
Ce qui est sûr, c’est que les voisins outre-manche des français ont de quoi être consternés (ou de se tordre de rire).
Dans l’Antiquité grecque, il y’avait une courtisane, Phryné de Thespies était son nom. Sa beauté et sa grâce étaient célèbres, mais voir la chair vivante de celle qui prêtait ses traits à la chair d’Aphrodite était un privilège très rare.
La courtisane d’aujourd’hui au contraire se montre nue et c’est un exploit salué de la voir habillée !
On est loin du bain pris par Phryné lorsqu’elle devait se baigner dans le Céphise, et que dire lorsque son proxénète de mari la présenta à la presse et d’un air goguenard dire : « vous avez chaud ? », de voir sa catin se déshabiller de son manteau sous son ordre.
Le scélérat gagne là sa mise et sans doute comme Hypéride tente d’assurer sa défense non par de beaux discours, car il en est incapable, mais en montrant là son dernier atout : les charmes de sa femme.
Hypéride arrachant le peplos de Phryné devant l’Aréopage donna un beau tableau de Gérôme ; Nicolas Sarkozy présentant sa Carla donna une belle image de la France par Paris-Match.
Il n’y a vraiment pas là de quoi être fier : là où Phryné fut une véritable hétaïre, Carla Bruni n’est qu’une porné, c’est Messaline qui épouse Claude.

Hypéride était un piètre avocat…

… Sarkozy dispose d’encore moins d’éloquence
CAP II – De la République des Imbéciles
15 mars, 2008
Comme avait dit il me semble Stendhal, « je ne vois pas pourquoi mon vote compterait autant que celui de mon cordonnier ». Non pas qu’il faut mépriser les cordonniers, mais est-ce que le système démocratique ne fonctionnerait pas mieux si ses électeurs étaient formés parmi les plus intelligent de ses concitoyens, une sorte de méritocratie exemplaire.
La démocratie est bien la moins pire des formes de gouvernements, pourtant, contrairement à ses deux pendants, la monarchie et l’oligarchie, elle dérive vite dans la démagogie. Les orateurs et les acteurs de cette démocratie ne suivent pas toujours les règles imposées par l’Etat et la bienséance, préférant user de la peur et de vaines promesses sur une masse assez crédule.
Pour ressortir une autre citation, Polybe disait qu’un citoyen qui ne votait pas était un citoyen inutile. Alors que doit-on dire du citoyen qui vote, non en choisissant la voie qui lui semble la plus juste, en utilisant sa raison, mais en votant en ce que lui dicte les sentiments qui naissent de la peur et d’une incompréhension totale. Le citoyen inutile au moins n’est pas un citoyen dangereux.
C’est la démocratie et sa masse incrédule qui portent au pouvoir des tyrans, des exaltés. Combien de peuples plein d’ignorance ont donné à des fous les jougs qui allaient les tenir dans leurs malheurs. Hitler joua sur la peur, un pouvoir bien commode pour qui sait la manipuler dans une démocratie. Hier Hitler, aujourd’hui Nicolas Sarkozy.
La République que donne forme Nicolas Sarkozy est véritablement une forme de pouvoir toute personnelle ; après le césarisme et le bonapartisme, deux théories des dérives de la démocratie, auxquelles on pourrait ajouter le gaullisme, le sarkozisme que subi la France est sensiblement dans le même ton.
Mais Nicolas Sarkozy, c’est Cléon sans la parole, César sans le génie, Bonaparte sans les victoires, De Gaulle sans la grandeur. C’est aussi Hitler sans la moustache.
Comment Nicolas Sarkozy peut-il oser dire qu’il fera ses réformes néfastes (en réalité, plus inutiles que néfastes) parce qu’il a reçu du peuple sa légitimité ?
Comment peut-il alors faire la leçon au président tchadien, qui parce qu’il a été « légitiment élu qu’il ne peut faire n’importe quoi » ?
La France est-elle devenue une zone de non droit pour que le président de la République, jour après jour, bafoue la constitution, tourne la France au ridicule sur la scène internationale, creuse l’écart entre le fort et le faible et divise les français ?
Alors oui, Nicolas Sarkozy a été légitiment élu, comme Idriss Déby, comme Hitler, comme n’importe quel démagogue qui joue sur la peur et la division. Est-ce une raison pour qu’il fasse n’importe quoi ? Ce qu’il dit aux uns se contredit avec ses gestes.
En y réfléchissant bien, la démocratie de Nicolas Sarkozy est la plus grande fourberie qui nous est donné à voir. Je me demande comment ces français bons crédules puissent être étonnés par ces dictateurs qui leurs paraissent si exotiques, Poutine et autre Kadhafi, alors que Xavier Bertrand, grand flagorneur, annonce fièrement que les revendications de la SNCF passèrent inaperçus grâce au régime sarkozien. On croirait entendre un dirigeant du parti communiste chinois tout content de lui pour avoir réprimer les manifestations de Lhassa. La seule différence entre la démocratie française et un régime dictatorial, c’est que Xavier Bertrand lui dit ça tout fièrement à la télévision publique alors que l’intelligence et la retenue lui aurait fait taire cet auto-encensement. Le droit de grève et la Constitution le remerciera lui et son maître.
Voilà donc où nous en sommes, dans la république des imbéciles, avec des ersatz de citoyens non éduqués, réactifs à la peur.
CAP. I – Des Capitulaires
15 mars, 2008
Les capitulaires étaient des sentences promulguées par l’Empereur carolingien et les rois de France qui suivirent. Je ne suis empereur, je dispose encore moins d’un empire, pas plus que de missi dominici, mais on peut toujours rêver.
Après tout, on ne peut s’étonner de rien, car même dans une République, on peut voir un homme abuser du pouvoir donné, outrepasser sans s’inquiéter des bornes qui lui ont été fixées. Alors je donnerais moi-même des capitulaires, comme si j’avais le pouvoir, un pouvoir bien plus grand qu’aucun bulletin de vote n’en donnera jamais. Je pourrais donner la leçon à tout un chacun, montrer la bonne gouvernance et pouvoir prendre les gens de haut – je préfèrerais dire me mettre à la place haute qui est la mienne – car les peuples n’ont que les architectes qu’ils méritent (et il faut dire qu’à notre époque, les Nations sont peu méritantes).