CAP. III – De la Courtisane
30 mars, 2008
La visite du président de la République Française Nicolas Sarkozy et de son épouse est considérée en France comme une réussite, provoquant l’engouement du peuple britannique face à un nouveau couple Kennedy. Soit.
Je resterais toutefois sceptique face aux médias français qui encensent la copulation présidentielle de façon un peu trop hâtive.
Voir madame Carla Bruni-Sarkozy habillée – non, grimée, déguisée, travestie – en Jacky Kennedy/Lady Diana/Grâce de Monaco (rayer la mention inutile) démontre une véritable faute de goût dont souffrit sans aucun doute la reine du Royaume-Uni.
Laissons là les médias français qui ne subissent aucun type de pression politico-financière pour nous tourner vers des médias anglais. Médias anglais qui se sont déjà gaussés de la venue du « french president bling bling » Nicolas Sarkozy en publiant à la une de tous les journaux l’image de la nudité de sa tendre épouse. Tendre épouse qui a déjà besognée durement en Angleterre (Mick Jagger a déjà fait les frais de la hyène).
Le Daily Mail se gausse de la hyène en chaleur que constitue la première dame de France. On ne manque pas de remarquer sa très grande élégance : trois ensemble Dior en une journée. Son élégance toute française est toutefois grandement ternie par son image indélébile de femme fatale, passant d’un lit à l’autre, et on ne manque pas de l’accuser de faire son propre cinéma. Effectivement, se déguiser de la sorte n’est pas bien intelligent, surtout avec de telles casseroles. On souligne bien les poses de mode qu’elle prend lorsque son époux monte à la tribune pour un discours mirobolant. Les poses, parfaitement étudiées pour toujours paraître à son avantage dans la presse people (ou politique, mais on ne fait plus réellement de différence).
Alors comment peut-on oser amener une femme de si peu de vertu devant Sa Majesté la reine Elisabeth, qui règne sur plus de cent millions de sujet à travers le monde, chef de l’Eglise Anglicane et autres titres mirobolants que ne pourrait jamais en rêver un nobliau hongrois chassé par des paysans communistes ?
Après tout, il a bien amené Bigard devant le Pape, alors pourquoi pas une courtisane devant la Reine ?
Ce qui est sûr, c’est que les voisins outre-manche des français ont de quoi être consternés (ou de se tordre de rire).
Dans l’Antiquité grecque, il y’avait une courtisane, Phryné de Thespies était son nom. Sa beauté et sa grâce étaient célèbres, mais voir la chair vivante de celle qui prêtait ses traits à la chair d’Aphrodite était un privilège très rare.
La courtisane d’aujourd’hui au contraire se montre nue et c’est un exploit salué de la voir habillée !
On est loin du bain pris par Phryné lorsqu’elle devait se baigner dans le Céphise, et que dire lorsque son proxénète de mari la présenta à la presse et d’un air goguenard dire : « vous avez chaud ? », de voir sa catin se déshabiller de son manteau sous son ordre.
Le scélérat gagne là sa mise et sans doute comme Hypéride tente d’assurer sa défense non par de beaux discours, car il en est incapable, mais en montrant là son dernier atout : les charmes de sa femme.
Hypéride arrachant le peplos de Phryné devant l’Aréopage donna un beau tableau de Gérôme ; Nicolas Sarkozy présentant sa Carla donna une belle image de la France par Paris-Match.
Il n’y a vraiment pas là de quoi être fier : là où Phryné fut une véritable hétaïre, Carla Bruni n’est qu’une porné, c’est Messaline qui épouse Claude.

Hypéride était un piètre avocat…

… Sarkozy dispose d’encore moins d’éloquence
CAP II – De la République des Imbéciles
15 mars, 2008
Comme avait dit il me semble Stendhal, « je ne vois pas pourquoi mon vote compterait autant que celui de mon cordonnier ». Non pas qu’il faut mépriser les cordonniers, mais est-ce que le système démocratique ne fonctionnerait pas mieux si ses électeurs étaient formés parmi les plus intelligent de ses concitoyens, une sorte de méritocratie exemplaire.
La démocratie est bien la moins pire des formes de gouvernements, pourtant, contrairement à ses deux pendants, la monarchie et l’oligarchie, elle dérive vite dans la démagogie. Les orateurs et les acteurs de cette démocratie ne suivent pas toujours les règles imposées par l’Etat et la bienséance, préférant user de la peur et de vaines promesses sur une masse assez crédule.
Pour ressortir une autre citation, Polybe disait qu’un citoyen qui ne votait pas était un citoyen inutile. Alors que doit-on dire du citoyen qui vote, non en choisissant la voie qui lui semble la plus juste, en utilisant sa raison, mais en votant en ce que lui dicte les sentiments qui naissent de la peur et d’une incompréhension totale. Le citoyen inutile au moins n’est pas un citoyen dangereux.
C’est la démocratie et sa masse incrédule qui portent au pouvoir des tyrans, des exaltés. Combien de peuples plein d’ignorance ont donné à des fous les jougs qui allaient les tenir dans leurs malheurs. Hitler joua sur la peur, un pouvoir bien commode pour qui sait la manipuler dans une démocratie. Hier Hitler, aujourd’hui Nicolas Sarkozy.
La République que donne forme Nicolas Sarkozy est véritablement une forme de pouvoir toute personnelle ; après le césarisme et le bonapartisme, deux théories des dérives de la démocratie, auxquelles on pourrait ajouter le gaullisme, le sarkozisme que subi la France est sensiblement dans le même ton.
Mais Nicolas Sarkozy, c’est Cléon sans la parole, César sans le génie, Bonaparte sans les victoires, De Gaulle sans la grandeur. C’est aussi Hitler sans la moustache.
Comment Nicolas Sarkozy peut-il oser dire qu’il fera ses réformes néfastes (en réalité, plus inutiles que néfastes) parce qu’il a reçu du peuple sa légitimité ?
Comment peut-il alors faire la leçon au président tchadien, qui parce qu’il a été « légitiment élu qu’il ne peut faire n’importe quoi » ?
La France est-elle devenue une zone de non droit pour que le président de la République, jour après jour, bafoue la constitution, tourne la France au ridicule sur la scène internationale, creuse l’écart entre le fort et le faible et divise les français ?
Alors oui, Nicolas Sarkozy a été légitiment élu, comme Idriss Déby, comme Hitler, comme n’importe quel démagogue qui joue sur la peur et la division. Est-ce une raison pour qu’il fasse n’importe quoi ? Ce qu’il dit aux uns se contredit avec ses gestes.
En y réfléchissant bien, la démocratie de Nicolas Sarkozy est la plus grande fourberie qui nous est donné à voir. Je me demande comment ces français bons crédules puissent être étonnés par ces dictateurs qui leurs paraissent si exotiques, Poutine et autre Kadhafi, alors que Xavier Bertrand, grand flagorneur, annonce fièrement que les revendications de la SNCF passèrent inaperçus grâce au régime sarkozien. On croirait entendre un dirigeant du parti communiste chinois tout content de lui pour avoir réprimer les manifestations de Lhassa. La seule différence entre la démocratie française et un régime dictatorial, c’est que Xavier Bertrand lui dit ça tout fièrement à la télévision publique alors que l’intelligence et la retenue lui aurait fait taire cet auto-encensement. Le droit de grève et la Constitution le remerciera lui et son maître.
Voilà donc où nous en sommes, dans la république des imbéciles, avec des ersatz de citoyens non éduqués, réactifs à la peur.
CAP. I – Des Capitulaires
15 mars, 2008
Les capitulaires étaient des sentences promulguées par l’Empereur carolingien et les rois de France qui suivirent. Je ne suis empereur, je dispose encore moins d’un empire, pas plus que de missi dominici, mais on peut toujours rêver.
Après tout, on ne peut s’étonner de rien, car même dans une République, on peut voir un homme abuser du pouvoir donné, outrepasser sans s’inquiéter des bornes qui lui ont été fixées. Alors je donnerais moi-même des capitulaires, comme si j’avais le pouvoir, un pouvoir bien plus grand qu’aucun bulletin de vote n’en donnera jamais. Je pourrais donner la leçon à tout un chacun, montrer la bonne gouvernance et pouvoir prendre les gens de haut – je préfèrerais dire me mettre à la place haute qui est la mienne – car les peuples n’ont que les architectes qu’ils méritent (et il faut dire qu’à notre époque, les Nations sont peu méritantes).