Comme avait dit il me semble Stendhal, « je ne vois pas pourquoi mon vote compterait autant que celui de mon cordonnier ». Non pas qu’il faut mépriser les cordonniers, mais est-ce que le système démocratique ne fonctionnerait pas mieux si ses électeurs étaient formés parmi les plus intelligent de ses concitoyens, une sorte de méritocratie exemplaire.

 

La démocratie est bien la moins pire des formes de gouvernements, pourtant, contrairement à ses deux pendants, la monarchie et l’oligarchie, elle dérive vite dans la démagogie. Les orateurs et les acteurs de cette démocratie ne suivent pas toujours les règles imposées par l’Etat et la bienséance, préférant user de la peur et de vaines promesses sur une masse assez crédule.

Pour ressortir une autre citation, Polybe disait qu’un citoyen qui ne votait pas était un citoyen inutile. Alors que doit-on dire du citoyen qui vote, non en choisissant la voie qui lui semble la plus juste, en utilisant sa raison, mais en votant en ce que lui dicte les sentiments qui naissent de la peur et d’une incompréhension totale. Le citoyen inutile au moins n’est pas un citoyen dangereux.

 

C’est la démocratie et sa masse incrédule qui portent au pouvoir des tyrans, des exaltés. Combien de peuples plein d’ignorance ont donné à des fous les jougs qui allaient les tenir dans leurs malheurs. Hitler joua sur la peur, un pouvoir bien commode pour qui sait la manipuler dans une démocratie. Hier Hitler, aujourd’hui Nicolas Sarkozy.

 

La République que donne forme Nicolas Sarkozy est véritablement une forme de pouvoir toute personnelle ; après le césarisme et le bonapartisme, deux théories des dérives de la démocratie, auxquelles on pourrait ajouter le gaullisme, le sarkozisme que subi la France est sensiblement dans le même ton.

 

Mais Nicolas Sarkozy, c’est Cléon sans la parole, César sans le génie, Bonaparte sans les victoires, De Gaulle sans la grandeur. C’est aussi Hitler sans la moustache.

Comment Nicolas Sarkozy peut-il oser dire qu’il fera ses réformes néfastes (en réalité, plus inutiles que néfastes) parce qu’il a reçu du peuple sa légitimité ?

Comment peut-il alors faire la leçon au président tchadien, qui parce qu’il a été « légitiment élu qu’il ne peut faire n’importe quoi » ?

La France est-elle devenue une zone de non droit pour que le président de la République, jour après jour, bafoue la constitution, tourne la France au ridicule sur la scène internationale, creuse l’écart entre le fort et le faible et divise les français ?

 

Alors oui, Nicolas Sarkozy a été légitiment élu, comme Idriss Déby, comme Hitler, comme n’importe quel démagogue qui joue sur la peur et la division. Est-ce une raison pour qu’il fasse n’importe quoi ? Ce qu’il dit aux uns se contredit avec ses gestes.

 

En y réfléchissant bien, la démocratie de Nicolas Sarkozy est la plus grande fourberie qui nous est donné à voir. Je me demande comment ces français bons crédules puissent être étonnés par ces dictateurs qui leurs paraissent si exotiques, Poutine et autre Kadhafi, alors que Xavier Bertrand, grand flagorneur, annonce fièrement que les revendications de la SNCF passèrent inaperçus grâce au régime sarkozien. On croirait entendre un dirigeant du parti communiste chinois tout content de lui pour avoir réprimer les manifestations de Lhassa. La seule différence entre la démocratie française et un régime dictatorial, c’est que Xavier Bertrand lui dit ça tout fièrement à la télévision publique alors que l’intelligence et la retenue lui aurait fait taire cet auto-encensement. Le droit de grève et la Constitution le remerciera lui et son maître.

 

Voilà donc où nous en sommes, dans la république des imbéciles, avec des ersatz de citoyens non éduqués, réactifs à la peur.

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